
Est-il autorisé, pour un chrétien, de consommer de la viande halal ?
Peut-on être chrétien et consommer de la viande halal ? Si la question semble banale devant un rayon de supermarché, la réponse exige une rigueur théologique totale pour éviter deux écueils : la peur superstitieuse et la naïveté relativiste.
Pour beaucoup, c'est un non-sujet. Le Christ a déclaré que « ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme ». Pourtant, la question mérite d'être tranchée sous trois angles : le dogme, le salut et la morale économique.
D'abord, levons une confusion fréquente. Souvent, on cite Saint Paul et les « viandes sacrifiées aux idoles ». Paul affirme que la viande n'est pas maudite. Mais ici, une distinction capitale s'impose : Allah n'est pas une idole de pierre. L'Église est claire : contrairement aux païens qui adoraient Zeus ou Baal, les musulmans adorent le Créateur unique. Vatican II (Lumen Gentium n°16) reconnaît qu'ils « professent avoir la foi d'Abraham » et qu'ils adorent « le Dieu unique ».
Mais attention. Ne nous y trompons pas. Reconnaître l'existence du Dieu unique ne signifie pas connaître Sa véritable nature, ni posséder les moyens du Salut. Sur ce point, le constat catholique est sans appel : la conception de Dieu dans l'Islam est profondément erronée. En niant la Trinité, en refusant l'Incarnation et la Rédemption par la Croix, l'Islam rejette l'essence même de Dieu qui est Amour et Relation. Or, les mots du Christ ne souffrent aucune ambiguïté : « Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5:12). Il ne suffit pas d'adorer le Créateur pour être sauvé ; il faut passer par le Rédempteur. En s'obstinant dans le refus du Fils, on se coupe de la voie royale vers le Père. Sans conversion à la Vérité intégrale du Christ, cette croyance reste une impasse pour le Salut éternel.
Ceci étant posé, revenons à notre assiette. Y a-t-il un danger « magique » ? Non. C'est ici qu'intervient l'argument de la sanctification. Saint Paul est formel dans sa lettre à Timothée : « Tout est sanctifié par la parole de Dieu et la prière. » Le « Bénédicité » est un acte d'autorité spirituelle. Lorsque nous prions avec foi avant le repas, nous rétablissons la Seigneurie du Christ sur cet aliment. La prière du baptisé est plus puissante que le rite d'abattage. Spirituellement, nous ne risquons rien.
Le véritable problème, pour nous aujourd'hui, est donc moral et économique. Manger halal au 21ème siècle, c'est valider une transaction financière. La certification Halal n'est pas une simple norme sanitaire ; c'est une « redevance religieuse ». Pour apposer ce label, les industriels paient des organismes de certification islamiques (comme l'ARGML ou l'AVS). Où va cet argent ? Il sert au fonctionnement des organismes certificateurs, mais finance aussi, directement ou indirectement, des œuvres culturelles et cultuelles musulmanes, la formation d'imams ou la construction de mosquées. La théologie morale catholique est claire sur la notion de « coopération ». En achetant ces produits, le consommateur catholique devient un coopérateur matériel au financement d'un culte qui n'est pas le sien. Comme le rappelle le Compendium de la Doctrine Sociale de l'Église, le consommateur a une « responsabilité sociale spécifique ». Acheter, c'est voter. Acheter, c'est financer. Est-il moralement licite pour un chrétien de financer l'expansion d'une religion qui considère la foi en la Résurrection du Christ comme un blasphème, qui enseigne des erreurs qui éloignent les âmes du Christ et du Salut ? La réponse de la prudence est non.
En résumé :
Si la nécessité vous y contraint — chez des amis ou sans autre choix — mangez sans scrupule. Votre prière purifie l'aliment et vous ne commettez pas d'idolâtrie.
Mais si vous avez le choix, la cohérence demande du courage. Privilégier le non-halal, c'est refuser de financer une structure qui propage une vision erronée de Dieu. C'est refuser de soutenir, avec votre argent, une doctrine qui nie la divinité de Celui qui est le seul Chemin, la seule Vérité et la seule Vie.