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Petite histoire du jêune et de l'abstinence

Parlons du jêune et de son histoire ! Pour les premiers chrétiens, le jeûne n'était pas une option, c'était une rupture. 

Dans les premiers siècles, on appelait cela la xérophagie (manger sec). La règle était brutale : un seul repas par jour, pris après le coucher du soleil. Le menu ? Du pain, de l'eau, quelques légumes secs. L'interdit était total sur : la viande, le poisson, les laitages, les œufs et le vin. Pourquoi ? Pour imiter la Passion du Christ et se préparer au baptême. C'était un temps de combat physique contre les démons. Puis, la discipline s'adoucit sous l'influence des moines qui devaient travailler dur. On assiste à un « glissement horaire ». Le repas unique, prévu le soir (Vêpres), est avancé à 15h (None), puis à midi (Sexte) vers le XIIe siècle. Mais si l'on mange à midi, la soirée est longue... C’est là qu'apparaît la « Collation ». À l'origine, les moines se réunissaient le soir pour lire les Conférences (Collationes) de Cassien. Comme ils avaient faim, on a autorisé un petit morceau de pain et un peu de vin pendant la lecture. Le repas a fini par prendre le nom du livre !

On avance un peu vers la période de la Renaissance, entre les 15ème et 19ème siècles. C'est l'époque de la casuistique (l'art de la règle). La théologie se focalise sur l'abstinence : la viande (animaux à sang chaud) est vue comme nourrissant la luxure et la force brute. Le poisson (sang froid) est jugé calmant pour le corps. Manger du poisson, c'était donc « refroidir » le péché. Par ailleurs, le poisson est le tout premier symbole chrétien. En grec, « poisson » se dit « ICHTHUS ». C'est un acronyme de Iésous Christos Théou Uios Sôter (Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur). Manger du poisson, c'était affirmer son identité chrétienne.

Au 20ème siècle, les guerres mondiales changent la donne : difficile de jeûner quand on manque déjà de tout. Le pape Pie XII commence à assouplir les règles (notamment pour le jeûne eucharistique avant la messe). Mais le vrai tournant, c'est Paul VI en 1966 avec la constitution Paenitemini. L'Église fait un constat : dans une société de consommation, se priver de viande n'est plus toujours une pénitence, le poisson est parfois même plus cher que la viande. Paul VI réduit donc le jeûne strict à deux jours (Mercredi des Cendres et Vendredi Saint) et invite à remplacer l'abstinence par des œuvres de charité et de prière.  

Aussi, il ne faut pas confondre le jeûne de Carême avec le Jeûne Eucharistique (avant la messe). En effet, jusqu'en 1953, la règle était absolue. Il fallait être à jeun depuis minuit. Si un prêtre buvait une gorgée d'eau à 6h du matin en se brossant les dents, il ne pouvait pas célébrer la messe ! C'était le respect total du Corps du Christ. Toutefois, pour encourager la communion fréquente (et permettre les messes le soir), Pie XII a réduit ce délai à 3 heures. Puis, Paul VI l'a fixé à une heure avant la communion. C'est la règle actuelle : un petit jeûne de respect, accessible à tous.

L'histoire du jeûne est celle d'un passage de l'extérieur vers l'intérieur. On est passé de la privation d'estomac à la conversion du cœur. La question n'est plus « Qu'est-ce que je mange ? » mais « Qui est-ce que j'aime ? »

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